L'homme de Kaboul's sniper

13 février 2011

Le livre de chez Robert Laffont sur ma boîte à lettres

Ce matin, l'enveloppe défiait les hautes herbes, appuyée sur le pylône d'électricité: Le courrier venait de France et le facteur aime à exposer les plis les plus exotiques. "De veurás, ha rebut el"Home de Kaboul"?..." diront mes voisines de l'île de Formentera.

 

En 2000, enthousiaste, j'avais proposé à mon éditrice française un roman qui ne peut se lire que sur Internet. L'oeil noir, théâtrale, Sarah Bernhardt m'avait répondu que je participais à la prochaine disparition du livre. Je suis heureuse et fière qu'en seulement 11 ans les temps aient changé à ce point qu'un éditeur français, Robert Laffont, non seulement connaisse mais aussi s'ose à utiliser Internet. Je suis ravie d'avoir été sélectionnée pour participer à cette intéressante expérience littéraire, qui j'espère sera bientôt imitée puisque les éditeurs français sont connus pour être très Panurgiens.

 

Je n'ai pas résisté, malgré mes bonnes résolutions. J'ai déchiré l'enveloppe avant d'arriver à la maison. J'aime les livres blancs des dernières épreuves, ils ont une odeur différente de ceux imprimés en quadricolore. Quand on les lit en public, tout le monde sait que l'on est en train de lire un livre spécial, même ceux qui ont du mal à lire le titre, et c'est assez réconfortant pour l'ego.

 

Mais, dans la lettre de bienvenue, le projet de couverture me fait instantanément grimacer: vais-je devoir me taper une bonne grosse merde pseudo-thriller avec sous-implications philosopho-politiques, corruption pétrolifère à l'horizon et autres villepineries? Un roman français qui se la joue US? Je comprends que l'on se réfère à la littérature nord-américaine, c'est la meilleure du monde. En anglais.

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Premier contact

Homme de Kaboul ou de France, celui-là ne va pas échapper à la torture de Borges (dieu de la littérature), que j'inflige, impitoyable, à tous les romans qui passent entre mes mains. Il faut lire la première et la dernière page sans trop s'attarder sur les détails. Si le battement entre les deux donne envie de plonger dans le roman, le livre est bon. Ça marche à tous les coups.

A ma plus grande surprise, après ce test, "L'Homme de Kaboul" semble une oeuvre cohérente.C'est une bonne nouvelle: au moins c'est de la littérature et pas du roman reconstitué. Mais quelque chose me dérange dès la première ligne: le nom du héros, Oussama. Ça ne passera pas aux Etats-Unis, où il n'existe qu'un seul Oussama, qui d'ailleurs n'a jamais été retrouvé. C'est une étrange manière d'enduire le lecteur d'erreur et on se demande d'emblée où cela peut bien mener. Mais bon, j'ai un peu dérogé à mes règles et lu les remerciements. L'auteur est un homme cultivé et bien informé. Ça sent le haut focntionnaire à plein nez.

D'ailleurs, ça m'a amenée à me poser la question du million (voire du livre dédicacé puisque c'est le Grand Prix de ce concours): Cédric Bannel, qui c'est ce mec?

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Cédric Bannel

Une personne bien informée -et intentionnée- a déjà bavé sur ce blog, un indic me passant des renseignements d'une importance capitale sur notre cible. Néanmoins, toutes les sources citées partent de canalblog.com et ce n'est guère étonnant. Car Mr Bannel, auteur, est aussi patron et principal actionnaire de Canalblog, ainsi qu'un homme d'une discrétion obsessive, comme le démontre la monotonie barbante et vague de ses pages professionnelles sur Internet. On apprend sur Wikipedia que notre diplomate a travaillé au plus haut niveau chez notre passoire à brevets nationale, Renault, et qu'il connaît bien -entre autres- la Roumanie. Bel homme par ailleurs. Chers lecteurs, je vous laisse tirer vos conclusions. Mais trève d'apéritifs, maintenant on passe à la charcuterie. J'ai mon grand couteau en acier finnois et deux cartouchières d'AK 47, un fusil mitrailleur tellement plus chouette que la kalachnikov, qui donne un air de rappeur branché.

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4 premiers chapitres

Que se passe-t-il chez Robert Laffont? On économise sur les corrections pour abaisser les coûts de production? Dans ces secondes épreuves, j'ai détecté sur les 4 premiers chapitres des invraisemblances, des erreurs relevant du travail de correcteur qui n'a pas été très bien fait. Mais il y a aussi des lieux communs (le "rare don des langues" d'Oussama, à peine bilingüe) et des fautes de goût, comme par exemple le ridicule Qomaandann phonétique dans la bouche de gens s'exprimant par ailleurs normalement. Cependant, l'ambiance anarchique et dépourvue de lois d'un pays en guerre est bien rendue, quoiqu'il n'y ait rien de nouveau: corruption et népotisme à tout les étages, dépandance à l'occupant, promesses et trahisons. Le ique héros hors normes est un sympathique commissaire afghan à la criminelle de Kaboul, même si Oussama fait trop penser à Bin Laden (seuls les Français font la confusion entre Bin saoudien et Ben maghrebin). p12 on comprend enfin le pourquoi du comment:l'ouvrage ne cherche pas un potentiel public US mais une audience russe (d'où beaucoup de piques savoureuses à la Coalition ainsi que de discrets clins d'oeil à la précédente occupation soviétique) et le héros a été nommé ainsi en hommage à l'argent de Bin Laden qui aurait ébloui son père. p17, Oussama a fait un stage à la brigade criminelle de Moscou mais ne reconnaît pas un revolver russe. p18, le pavot-base servirait à fabriquer de l'héroïne et de la cocaïne. Merveilleux mais le pavot suinte de l'opium, lequel raffiné donne de l'héroïne. Quant à la base, c'est le nom vulgaire de la cocaïne-base, cad non raffinée.p23, on glisse dans l'envers des choses, une Suisse non européenne, musclée et cradingue, territoire de non-droit pour des soldats en mission spéciale au vu et au su de tous. L'allusion aux Etats-unis est discrète, sans doute pour éviter les polémiques, mais rappelle les vols illégaux de prisonniers organisés avec escales européennes par l'armée US en 2002-03. Le nouveau héros est tout aussi hors normes, on ne connait pas même sa nationalité (Suisse ou US?) et dont p.43 le physique "d'intello" s'adapte bien aux sports extrêmes. p.45 la fatwa de Sadar n'a pas été inventée par le héros suisse, c'était une croyance très répandue dans le royaume d'Alger au 16eme siècle, quand la majeure partie de la population était d'origine européenne, anciens cathos convertis à l'islam et nostalgiques du cochon. p46, le très discret narrateur nous démontre toute sa connaissance des processus de surveillance sur Internet. La manière dont se nouent les intrigues jumelles dans les deux pays est cependant assez agréable et les aller-retours Berne-Kaboul se font bien. p.50 C'est un bonne idée de faire une sérologie à un mort depuis plusieurs heures si on a des sous à dépenser et du temps à perdre, le virus du sida ne survivant pas à la mort de son hôte.p.52 Allez donc dire aux sunnites que l'islam premier est archaïque. Les talibans, eux, prônent un islam chiite rigoriste inspiré de l'islam saoudien.

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De Ferrari en Trabant

(Je suis en retard. Il faisait très beau sur Formentera et j'ai planté un mûrier dans mon jardin. Je rêve de fabriquer ma soie. Mais cette lecture me travaille: la preuve, j'écris les notes sur papier. Mon manque de disponibilité provoque des plaintes: mon amoureux parce que je ne parle plus anglais quand j'écris en français, mon mari m'engueule en espagnol parce que j'ai oublié de faire mon tour de vaisselle, mon amant reste introuvable).

Nos héros jumeaux sont à présent opprimés tous deux par leurs hiérarchies respectives: sans doute ne vont-ils pas tarder à se retrouver. Le joyeux sautillement des sous-chapitres (seulement deux pages) du chap.4 entre la Suisse et l'Afghanistan donne la sensation de s'installer dans une Ferrari, la vitesse de croisière sera assez speed et gommera un peu les détails du paysage. Mais hélas dès le chap.5, on se retrouve dans une Trabant: les sous-chapitres font huit pages et les héros râbachent.p76, les Résistants ´Français n'avaient pas l'habitude de confier aux membres de leur famille non impliqués leur intention d'entrer dans le Réseau. p77, la mention de Najibullah (dernier président pro-soviétique) et de son rôle dans l'assassinat de Meenah égare un peu le lecteur. p80 Je ne comprends pas à quoi se réfèrent les "mille deux cent ans de progrès" du Mollah Bakir: la date de l'Hégire est 622, à partir de quand compte-t-il?p92, une bretelle de soutien-gorge noire qui dépasse d'une robe chic, peut-être sexy mais pas très tendance.p97, la bise glaciale s'est abattu sans e (à propos d'orthographe, je remercie ma maman qui m'a rappelé au téléphone que succéder est un verbe transitif indirect). p100, on rentre enfin dans le gras du bide, avec le SAD, Special Activities Division.

A demain si Dieu le veut. Et s'il ne le veut pas, même combat.

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14 février 2011

Canalblog nous prend pour des blaireaux

(J'ai très bien dormi cette nuit, sans L'Homme de Kaboul dans mon lit. Au petit déjeuner, sa couverture m'a interpellée, je n'y avais accordé qu'une vague attention, la sachant temporaire. Sortie le 3 mars 2011. Dix jours plus tard, nous devons rendre nos "critiques" que l'auteur devrait "prendre en compte", cad mettre un mouchoir par-dessus. N'oublions pas que le livre blanc est estampillé "secondes épreuves", cad que les corrections sont déjà faites. Donc nous sommes là pour générer du trafic et nous n'aurons aucune incidence sur le livre final, celui que nous avons reçu. Or, "lorsqu'on fait des erreurs aussi grossières" n'est-ce pas que l'on méprise ses lecteurs? Mais l'expérience m'intéresse, alors je suis et même je double la mise: ce blog ne constitue pas ma critique finale. Ce qui signifie beaucoup de travail pour espérer gagner un livre dédicacé. Mieux vaut se taper les queues des Foires du Livre. Mais ça m'intéresse d'innover dans la lecture et critique, d'offrir un processus de travail transparent et puis je suis profondément sadique)

P102, Echelon est un réseau d’antennes paraboliques entre Angleterre, USA et Australie qui espionnent les satellites et les communications digitales mondiales que ceux-ci retransmettent. Echelon est relié à un gros ordinateur plus stupide qu’un bébé, qui réagit et enregistre uniquement sur la base de mots-clés pour lesquels il est programmé. Ces listes circulent sur Internet. Échelon ne traite ni ne synthétise. Une écoute policière classique est plus vraisemblable./ le Special Activities Division (p100)est devenu le Special Operation Group ? La proximité induit à la confusion. p105 : entre les avions russes et US, l’Airbus A340  (de 1992)ressemble à un « objet de science-fiction » ?l’auteur aurait-il travaillé dans l’aéronautique ?p103 : La « vieille Peykan » (page 90) de Joseph s’est transformée en 4X4 ? p111 : les contras sont surtout appréciés des organisations mercenaires pour leur entraînement réel en milieu hostile. P114 : le désir de deuxième femme amène la confusion entre la taupe de Joseph et l’adjoint Babkar.p119 :  Intéressante p120 : Qu’est-ce que le buzkashi ? p122 : Enfin un détail croustillant : l’éther efface les empreintes digitales. Merci pour le tuyau..p123 : le héros Suisse « très intelligent » vient de s’apercevoir que son organisation paramilitaire le manipule. P124 : quelques drapeaux verts pour les martyrs /une tombe sur deux : beaucoup de martyrs. P137 : Loftan ? Qu’est ce que ça signifie ? p139 : Avant l’explosion que l’on sait qui va arriver, on apprend que les héros vont s’en sortir et que l’adjoint Babrak va y passer. p145: le C5 indien est revendu aux terroristes par le Pakistan, qui nie toute implication face aux Américains: intéressants secrets d'États...p157 :  le peu commun « mandants » provoque une confusion inutile avec le mot mandat. P162 : Défoncée au crack, la prostituée n’aurait pas les yeux mi-clos. P163 : les marchands qui lui proposait (il faut accorder le verbe au sujet !). p169 : les talibans ne sont pas sunnites et les chiites ne sont pas forcément plus tolérants. P187 : si le garrot est encore en place, il est très difficile voire dangereux de s’injecter quoique ce soit dans les veines. p188 : le crack se fume et ne s’injecte pas. P222 : Oussama pourrait tomber dans l’œil du cyclone, est-ce à dire dans la zone de calme absolu ?

Bien, je vais glisser tout ça aux wanabe http://wrath.typepad.com/wrath/, voir s’ils se fendent d’un juteux commentaire…   

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16 février 2011

Suite et fin de l'effeuillage

(Aujourd’hui, tempête à Formentera. Je suis allée nager, avec tuba et palmes. La tête sous l’eau, je n’entends rien et ça me soulage beaucoup. J’en ai profité pour préparer mon rapport terminal… ah, moi je sais faire durer le suspense, pas vrai…) 

D’autant que la dernière partie du roman réserve des surprises… attendues… et d’autres plus étonnantes, comme la présence d’un livre II (je n’avais pas noté de livre I). Revenant au début de l’ouvrage, j’ai constaté qu’il existait effectivement. Mais en continuant ma lecture, je n’ai pas noté de différence, comme s’ils ne formaient tous deux qu’un seul et même livre.

Mais revenons à mon épouillage pointilleux. P241- Issu de minorité, ça doit vouloir dire Noir. Mais c’est vrai, je suis bête, le personnage se nomme Kingston…p242 La bière française est-elle si bon marché en Suisse ou essaie-t-on de nous glisser une subtilité de plus à propos de Kingston ?p243, Kingston trouve les supérieurs de Nick stupides : enfin un être doué de bon sens. p246 : heureusement que la féministe du RAWA a besoin de son homme pour la protéger. La morale est sauve. P.248 : je croyais que les bases de données de l’Immigration, de quelque pays que ce soit, comportaient toujours des photos/ Dans les montagnes des Aurès, en Algérie, le mot ninja n’était pas à la mode avant 1962 (aggloméré des combats récents et d’une bataille historique). P250 : le haut fonctionnaire américain fait penser à Henri Kissinger, pas spécialement chrétien ni honnête. P259 : pour ceux qui sont nés après les années soixante, on apprend enfin le pourquoi du comment du mystérieux nom Mandrake. / Sur google Earth, admirable joujou de la CIA, on ne voit pas les routes et les villages ? Il faut lui préférer des cartes d’état-major non actualisées ?/ Le mot mis sous surveillance, c’est « Alert » ou « Red » ? Ou « alert red » se réfère-t-il au signal lumineux de l’ordinateur ?/S’ils frappent Oussama Kandar après que celui-ci ait quitté Kaboul, alors ils ne sauront pas où est le CD. P268 : Oussama se sent honteuse (du fait que sa fille divorce)? P269 : C’est notre nuit, lui dit sa femme puis elle s’endort. P.276 : Les Français ont certes un porte-avions dans le Golfe Persique, au même titre que les Américains et quelques autres, mais c’est assez loin pour une opération éclair dans les montagnes du nord-est de l’Afghanistan. / Le rendu de la campagne afghane est meilleur que les passages à Kaboul, l’auteur se centre plus sur l’action, le lecteur est moins brinqueballé que dans l’univers pittoresque de Kaboul. p.286 : Oussama n’avait pas parlé auparavant du dossier Mandrake au capitaine Kukur. P.309 : l’auteur vend la mèche et annonce ce qui va se passer dans la dernière partie du roman. Le suspense est foutu. p.310 : un agent spécial et spécialiste des sports extrêmes qui ne sait pas contrôler son cœur ? p311 : les caméras de surveillance qui truffent l’Entité n’ont pas capté de pistolet dans sa serviette ? p.313 : La paire de K n’a pas eu le temps d’avertir le reste du commando ?/ La voiture de Nick n’était pas fermée à clef ? p314 : L’auteur devrait faire de la politique « une fois dans le domaine public, il serait en sécurité… ». p 315 : « …Prend un chemin… » : il manque un s . p 317 : une guerre qui ne tue pas d’innocents n’intéresse personne : demandez donc aux Papous d’Irlan Jaia, aux Birmans, aux Somaliens, aux peuples de l’Amazonie, aux mexicains du Chiapas, etc., lesquels selon leurs gouvernements sont tous coupables. P319 : Les cavaliers se détachent de quoi ? S’ils viennent au galop (mettons 45km/h) alors en vingt minutes ils parcourent 15 kilomètres. Pour les voir à cette distance, il faut des bons yeux, avec la courbure de la Terre. p321 : Livre II. Je ne m’étais pas aperçue du Livre I. Dommage que le livre II commence comme la suite du livre I. On s’attendait à un changement de ton ou de lieu. P324 : de la publicité pour une boisson sucrée et gazeuse à base de feuilles de coca, bio matériel de base de la cocaïne ? p.334 : Oussama parle de Mandrake à sa femme, qui ne peut rien savoir de l’affaire et il ne lui demande pas de partir de Kaboul, comme on le lui a conseillé. P335 : Nick en travesti est formidable mais il devrait porter une grille de tissu pour cacher ses yeux bleus non maquillés. P340 : recouvert d’une burka en pleine rue afghane obscure, il est dangereux voire impossible de s’emporter comme le fait Nick. Par ailleurs, l’encombrant vêtement devrait empêcher toute la discussion entre lui et Oussama. P346 : On a patienté 340 pages pour savoir qui était Léonard, ce personnage exceptionnel et mystérieux et la rencontre déçoit. P348 : Mandrake n’est plus top secret et tous les sous-fifres de l’Entité connaissent son petit nom? p 349 : Ce genre d’hôtel possède une climatisation très performante, mais qui empêche d’entendre les chants d’oiseaux du dehors. P350 : C’est donc Abdul Dost qui a prêté sa voiture mais ce n’a pas été précisé auparavant. P352 : [inversion, il faut écrire :] Sa fausse identité découverte, pour prendre l’avion, il avait besoin d’un nouveau passeport… p355 : que sont les « French Doctors » ? p360 : la capacité d’endurcissement se mesure au fait de supporter l’odeur de dix hommes crados ? p364 : Personne à Kaboul ne se bat pour abolir les coutumes (machistes) : et le RAWA, alors ? p365 : Quand sont apparus les jerrycans ? Quand le niveau de la jauge baisse, bien entendu. P374 : L’altitude ne donne pas la dysenterie, qui est une maladie bactérienne voire amibienne. P375 : Ils étaient ensemble avec Joseph puis celui-ci sans se déplacer les vise avec un fusil à lunettes (excellent pour le tir de loin et encombrant en proximité)/ La mort de deux fugitifs était attendue. p 382 : le plan de corruption à grande échelle de Mandrake déçoit un peu : on n’apprend rien de nouveau ni de croustillant qui n’ait déjà été éventé par les médias. P.384 : On apprend enfin à quelle époque on se trouve, grâce à la mention du président Obama. P391 : les archives de la Willard Consulting ont été détruites ? C’est invraisemblable mais surtout l’auteur se coupe d’une possible suite….

A demain pour le plat de résistance.

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17 février 2011

ZOOLOGIE (de L’HOMME DE KABOUL)

Canalblog a pris ses bloggeurs pour des blaireaux, en leur proposant de générer du trafic vers le nouveau roman policier « L’homme de Kaboul » de son principal actionnaire, Cédric Bellan, et ce sous la forme d’un concours de critiques par blog, où le premier prix est un livre dédicacé du dit actionnaire. Nous sommes certes tous des mammifères.

Le roman n’est pas classique, il est même difficile de le classifier. Thriller, roman policier, roman d’action ? Je dirais plutôt littérature musclée, où certains « policiers » sont de véritables illégaux, sans mandat ni loi mais avec beaucoup d’argent. La scène se déroule en Afghanistan, principalement à Kaboul, en pleine occupation des forces d’une certaine « Coalition ». Puis l’histoire se dédouble, entre le policier légal de Kaboul et l’illégal de Suisse, bien que l’on regrette vite que les existences de ces faux jumeaux se déroulent en parallèle, sans communication ni coïncidences. Ils sont rapidement entraînés, pratiquement à leur insu, à la recherche d’un mystérieux dossier Mandrake, de ses doubles digitaux et de son auteur, lequel se révèlera lui aussi accompagné d’un double. On est tous des animaux, je vous le dis.

A ce propos, on ne croise guère d’animaux sauvages dans ce roman, pas même un insecte, au point que l’on puisse un instant douter que l’auteur se soit réellement rendu en Afghanistan, d’autant que page 13, le très discret narrateur définit « l’odeur de grillades et d’épices » comme « plutôt agréable », telle celle d’un barbecue des familles au bord de la Loire. Sans doute Cédric Bellan était-il hébergé dans l’un de ces hôtels de luxe kaboulis qu’il décrit si bien, où le chant des oiseaux couvre le ronron de la climatisation (page 349)… Ce qui nous amène à la part autobiographique de ce roman, qui est je le crois plus grande que ne le précise la note de presse. En effet l’auteur, haut fonctionnaire, prend ici un malin plaisir à dénoncer de petits secrets d’Etat (comme l’explosif indien revendu aux terroristes par les pakistanais), sous le couvert de la fiction et sans dévoiler ses sources. Il s’en justifie même, comme mesure de sécurité, « une fois dans le domaine public, on sera en sécurité »  mais il semble s’agir d’un teasing, comme si le lecteur avait entre ses mains un document confidentiel, publié par un d’Artagnan du haut fonctionnariat. Cependant, aucuns secrets autres que ceux rabâchés par les médias durant cette troisième guerre mondiale ne seront livrés. Tout au plus, parfois l’auteur se trahit-il lui-même en brisant son propre suspense, dévoilant au lecteur ce qui va advenir, comme avec l’explosion qui devait coûter la vie à son héros afghan. Mais la part de non-fiction se fait très évidente lors des passages dans la campagne afghane : on sent l’auteur secrètement amoureux de ces terres désertes et sauvages et son écriture s’améliore, se recentrant sur l’essentiel, le rythme est naturel, on est loin du pittoresque chaotique de Kaboul qui ne semble pas lui plaire. Ces passages par ailleurs sont hantés par l’absence d’un couple que l’on pourchasse et dont l’histoire pourrait former un nouveau roman, intimiste celui-ci. Cependant, ce couple que l’on attend durant près de deux cent cinquante pages va frustrer le lecteur et lorsque finalement se produit la rencontre, celle-ci ne fait que le décevoir. La femme, décrite plusieurs fois comme une beauté absolue, reste si neutre qu’on ne la voit pas. Dans la discrétion qui habite l’homme, j’ai retrouvé celle qui imprègne les pages web consacrées à Cédric Bellan : pas de détails personnels, à peine quelques indices. Comme par hasard, les deux hommes sont de hauts fonctionnaires. La triste et froide existence du personnage semble faire écho à une nostalgie secrète de l’auteur, lequel possède peut-être lui aussi un Manet et a sans doute investi dans les grands vins. Une autre part autobiographique se fait jour dans l’évidente connaissance des phénomènes Internet, que ce soit au niveau sécurité ou recherche, la moindre des choses pour un patron de start-up comme Cédric Bellan. Mais, une fois de plus, il ne nous dévoile rien de nouveau ni de surprenant, en dépit de certaines erreurs d’appréciation, comme au niveau d’Échelon. L’auteur nous le dit lui-même : « Lorsqu’on commet des erreurs inacceptables, c’est que l’on méprise les gens » … ou ses lecteurs.

Ce roman se veut une machine pour accrocher les foules ignares, les noms et les images au préalable martelés par les médias sont déjà dans les cerveaux ralentis. Au demeurant, par les temps qui courent et avec 40% d’analphabétisme en France, ça pourrait très bien se vendre. Cependant, comme toutes les machines françaises contemporaines, du Concorde au Minitel, la machine a ses petits ratés dans les détails (incohérences, erreurs, à peu-près, idées reçues, racisme de fond, méconnaissance de l’islam, etc.) au contraire des machines américaines qui soignent la précision. Ça lui donnerait presque un air sexy de magic french touch et heureusement car le sexe est curieusement absent de cette littérature musclée, à l’exception d’un viol atroce au demeurant pas même détaillé. Cette absence de chair récurrente, liée à la violence affichée de la guerre et la retenue professionnelle de tous les héros finit par rendre le lecteur nerveux et il se hâte de parvenir à la fin de l’ouvrage afin de savoir si véritablement L’homme de Kaboul va bouleverser le monde par ses révélations. Car le rapport Mandrake qui a fait trembler de Berne à Kaboul ressemble au testament d’un financier de haut niveau, que la mort révèle à la corruption. On comprend que l’auteur le fasse apparaître à quinze pages de la fin. Le montage financier de corruption institutionnalisée qui y est décrit est plus ou moins connu de tous les lecteurs et ne cherche à surprendre que par l’ampleur des faits qui y sont rapportés. Curieusement, les banques ne semblent pas mêlées au complot, ce qui représente une grande première ou une sérieuse entorse à la réalité. Le problème est justement là : la réalité. Les Russes (ou plutôt les soviétiques) ne sont pas les Méchants de cette production, leurs machines sont les plus fiables du marché et certains des personnages regrettent même leur retrait des lieux du conflit. Il est clair que Cédric Bellan a peu d’imagination.

En tant qu’écrivain, je souscris à ses méthodes et avoue moi aussi préférer, comme source première d’inspiration, la réalité elle-même, en ce qu’elle a d’extravagant, d’inattendu, d’ironique, d’infiniment plus suggestif et cohérent que la plus puissante des imaginations humaines. La réalité est une dentelle artisanale. L’attention aux tout-petits détails est son essence et le souffle passe au travers.

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21 février 2011

A propos de Mr Bannel

L'auteur de l'Homme de Kaboul, Cédric Bannel, après avoir lu cette critique, m'a envoyé un mail pour me remercier du travail accompli. Il est beau joueur, c'est une qualité remarquable et extrêmement rare, à laquelle je rends hommage.

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05 mars 2011

Mano a mano entre Cédric Bellan et Fred Romano

Suite à cette critique, Cédric Bellan, l'auteur de l'Homme de Kaboul, et moi, Fred Romano, la coupable critique avons échangé quelques mails...

 

Bonjour,

je suis l'auteur de l'homme de Kaboul. Comme vous l'imaginez, j'ai lu avec beaucoup d'attention vos notes de lecture sur mon roman. Vous n'êtes pas toujours tendre... mais j'avoue que vous avez mis le doigt sur un certain nombre de sujets. J'essaye de répondre à certaines de vos interrogations/critiques.

J'aimerais vous remercier pour cette lecture attentive, je suis très impressionné du temps que vous avez accepté de passer sur mon livre et de la qualité de vos remarques.

 "Que se passe-t-il chez Robert Laffont? On économise sur les corrections pour abaisser les coûts de production? Dans ces secondes épreuves, j'ai détecté sur les 4 premiers chapitres des invraisemblances, des erreurs relevant du travail de correcteur qui n'a pas été très bien fait. " 

Une partie des erreurs de grammaire et orthographe a été corrigée dans la version finale, puisque le correcteur n’est intervenu qu’à l’issue de cette épreuve, mais je crains que vous n’ayez raison car il reste encore au moins 4 erreurs qui sont passées dans la première édition définitive du livre, et ne seront donc corrigées que dans la seconde.

 "Mais il y a aussi des lieux communs (le "rare don des langues" d'Oussama, à peine bilingüe) et des fautes de goût, comme par exemple le ridicule Qomaandann phonétique dans la bouche de gens s'exprimant par ailleurs normalement. Cependant, l'ambiance anarchique et dépourvue de lois d'un pays en guerre est bien rendue, quoiqu'il n'y ait rien de nouveau: corruption et népotisme à tout les étages, dépandance à l'occupant, promesses et trahisons. Le ique héros hors normes est un sympathique commissaire afghan à la criminelle de Kaboul, même si Oussama fait trop penser à Bin Laden (seuls les Français font la confusion entre Bin saoudien et Ben maghrebin). p12 on comprend enfin le pourquoi du comment:l'ouvrage ne cherche pas un potentiel public US mais une audience russe (d'où beaucoup de piques savoureuses à la Coalition ainsi que de discrets clins d'oeil à la précédente occupation soviétique) et le héros a été nommé ainsi en hommage à l'argent de Bin Laden qui aurait ébloui son père. p17, Oussama a fait un stage à la brigade criminelle de Moscou mais ne reconnaît pas un revolver russe. "

 Normal dans mon esprit, l’arme en question est récente alors qu’Oussama était en poste à Moscou en 1979, à l’époque elle n’existait pas. Par ailleurs, elle est très rare car réservée aux forces spéciales et aux membres des unités d’intervention du SVR (ex KGB), donc difficile à trouver, même en Afghanistan.

 "p18, le pavot-base servirait à fabriquer de l'héroïne et de la cocaïne. Merveilleux mais le pavot suinte de l'opium, lequel raffiné donne de l'héroïne. Quant à la base, c'est le nom vulgaire de la cocaïne-base, cad non raffinée."

 Les flics locaux des stups utilisent cette expression mais d’un point de vue purement scientifique, c’est erroné, c’est vous qui avez raison.

 "p23, on glisse dans l'envers des choses, une Suisse non européenne, musclée et cradingue, territoire de non-droit pour des soldats en mission spéciale au vu et au su de tous. L'allusion aux Etats-unis est discrète, sans doute pour éviter les polémiques, mais rappelle les vols illégaux de prisonniers organisés avec escales européennes par l'armée US en 2002-03. Le nouveau héros est tout aussi hors normes, on ne connait pas même sa nationalité (Suisse ou US?) et dont p.43 le physique "d'intello" s'adapte bien aux sports extrêmes. p.45 la fatwa de Sadar n'a pas été inventée par le héros suisse, c'était une croyance très répandue dans le royaume d'Alger au 16eme siècle, quand la majeure partie de la population était d'origine européenne, anciens cathos convertis à l'islam et nostalgiques du cochon. "

 En fait, ça remonte même à plus loin, Averoes a été le premier à distinguer les deux notions, mais je ne voulais pas faire pédant en multipliant les digressions théologiques.

 "p46, le très discret narrateur nous démontre toute sa connaissance des processus de surveillance sur Internet. La manière dont se nouent les intrigues jumelles dans les deux pays est cependant assez agréable et les aller-retours Berne-Kaboul se font bien. p.50 C'est un bonne idée de faire une sérologie à un mort depuis plusieurs heures si on a des sous à dépenser et du temps à perdre, le virus du sida ne survivant pas à la mort de son hôte."

Les tests HIV classiques ne détectent pas le virus lui-même mais les anticorps qui restent détectables pendant plusieurs jours dans le sang. Par ailleurs, on estime que le virus peut rester (faiblement) contaminant pendant 20 jours après la mort de son hôte, ce qui explique, entre autres, que les thanatologues et les médecins légistes portent des gants stériles.

 "p.52 Allez donc dire aux sunnites que l'islam premier est archaïque. Les talibans, eux, prônent un islam chiite rigoriste inspiré de l'islam saoudien."

 Les talibans sont essentiellement sunnites, les écoles de pensée qui les inspirent sont sunnites et non chiites. Les iraniens ont essayé sans succès d’influencer ces groupes, sans jamais y parvenir, à cause de la haine persistante des sunnites radicaux contre les chiites.

 "Nos héros jumeaux sont à présent opprimés tous deux par leurs hiérarchies respectives: sans doute ne vont-ils pas tarder à se retrouver. Le joyeux sautillement des sous-chapitres (seulement deux pages) du chap.4 entre la Suisse et l'Afghanistan donne la sensation de s'installer dans une Ferrari, la vitesse de croisière sera assez speed et gommera un peu les détails du paysage. Mais hélas dès le chap.5, on se retrouve dans une Trabant: les sous-chapitres font huit pages et les héros râbachent.p76, les Résistants ´Français n'avaient pas l'habitude de confier aux membres de leur famille non impliqués leur intention d'entrer dans le Réseau. p77, la mention de Najibullah (dernier président pro-soviétique) et de son rôle dans l'assassinat de Meenah égare un peu le lecteur. p80 Je ne comprends pas à quoi se réfèrent les "mille deux cent ans de progrès" du Mollah Bakir: la date de l'Hégire est 622, à partir de quand compte-t-il?"

 Bon, c’est vrai, j’aurais du être plus précis…

 "P102, Echelon est un réseau d’antennes paraboliques entre Angleterre, USA et Australie qui espionnent les satellites et les communications digitales mondiales que ceux-ci retransmettent. Echelon est relié à un gros ordinateur plus stupide qu’un bébé, qui réagit et enregistre uniquement sur la base de mots-clés pour lesquels il est programmé. Ces listes circulent sur Internet. Échelon ne traite ni ne synthétise."

 Echelon est le premier maillon de la chaine, c’est la partie réception technique. Les informations sont ensuite traitées par divers services (NSA aux Etats-Unis) et transmis par eux aux directions du renseignement des services actifs, pour analyse donc la séquence est :

Séquence 1 : Interception, gestion des données, mise en forme, première lecture automatisée ou humaine et attribution d’une note d’intérêt

Séquence 2 : analyse et mise en perspective

De manière rapide, quand on parle dans le monde du renseignement des infos interceptées par Echelon, on agrège la partie technique et retranscription des données, et on distingue avec la partie analyse fouillée. La guerre permanente entre NSA et CIA vient de la porosité entre les deux séquences car la première permet déjà de sortir des informations très intéressantes, voire cruciales.

 " le Special Activities Division (p100)est devenu le Special Operation Group ? "

 Il s’agit de deux directions différentes. La SAD et le SOG sont en concurrence frontale, mais elles utilisent des personnels différents (officiels/officieux, purement US dans un cas, de diverses nationalités dans l’autre).

 "p105 : entre les avions russes et US, l’Airbus A340 (de 1992)ressemble à un « objet de science-fiction » ?l’auteur aurait-il travaillé dans l’aéronautique ?"

 Vous avez bien senti les choses, j’adore le monde aéronautique. Par ailleurs, c’est l’impression que m’a donné cet A 340 sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul au milieu de toutes ces antiquités…

 "p103 : La « vieille Peykan » (page 90) de Joseph s’est transformée en 4X4 ?"

 Je dis avant (ou après) que Joseph et Amin ont les deux voitures à disposition

 "p120 : Qu’est-ce que le buzkashi ?"

 C’est une sorte de polo local, dans lequel deux équipes de cavaliers se disputent le cadavre d’un mouton ou d’une chèvre. Sport ultra violent et moins chic que sa version british…

 "P124 : quelques drapeaux verts pour les martyrs /une tombe sur deux : beaucoup de martyrs. "

 La vision de ces centaines de tombes couvertes de drapeau était saisissante. Mais j’ai encore un doute sur la notion de martyr : n’est-elle pas comprise de manière un peu extensive par les familles pour des raisons de « respectabilité sociale » ?

 "p145: le C5 indien est revendu aux terroristes par le Pakistan, qui nie toute implication face aux Américains: intéressants secrets d'États..."

 Tout le monde sait que les pakistanais nous trahissent mais comme ils ont la bombe, on ne peut que fermer les yeux…

 "P162 : Défoncée au crack, la prostituée n’aurait pas les yeux mi-clos."

 Exact. Je corrigerai dans une version ultérieure.

 "P163 : les marchands qui lui proposait (il faut accorder le verbe au sujet !)."

 Oups !

 "p169 : les talibans ne sont pas sunnites et les chiites ne sont pas forcément plus tolérants."

 Cf réponse précédente. Globalement, ils sont sunnites à 99%, raison pour laquelle les iraniens les détestent. Effectivement, la révolution iranienne a longtemps conduit les occidentaux à croire que les chiites étaient moins tolérants, jusqu’au 9/11 qui a prouvé que le terrorisme islamiste était essentiellement sunnite.

 "P187 : si le garrot est encore en place, il est très difficile voire dangereux de s’injecter quoique ce soit dans les veines. p188 : le crack se fume et ne s’injecte pas."

 Certains diluent les cristaux dans une solution alcoolique avant de se l’injecter. Très tendance parait-il…

 "P222 : Oussama pourrait tomber dans l’œil du cyclone, est-ce à dire dans la zone de calme absolu ? "

 Encore une erreur de vocabulaire, exact…

 "P.248 : je croyais que les bases de données de l’Immigration, de quelque pays que ce soit, comportaient toujours des photos"

 En fait, elles sont éclatées entre des fichiers multiples, et n’en comportent pas toujours, au moins en Europe.

 "P259 : pour ceux qui sont nés après les années soixante, on apprend enfin le pourquoi du comment du mystérieux nom Mandrake. / Sur google Earth, admirable joujou de la CIA, on ne voit pas les routes et les villages ?"

 A part Kaboul et Kandahar, la résolution était très faible quand j’ai écrit le lire, il y a un an. Dans les zones rurales, on ne distinguait rien. Une carte d’Etat major est beaucoup plus précise, et donne en outre l’altitude et la qualité des routes d’accès.

 "Il faut lui préférer des cartes d’état-major non actualisées ?/ Le mot mis sous surveillance, c’est « Alert » ou « Red » ? Ou « alert red » se réfère-t-il au signal lumineux de l’ordinateur ?"

 Oui, c’est un code d’alerte officiel, mais pour être précis (puisqu’avec vous, rien ne passe quand on est imprécis..), il s’agit en réalité d’un code dit « de basse intensité ». Au dessus, pour les secrets importants, au dessus de secrets défense et très secret, secrets dits de haute intensité, on utilise des expressions type à mots multiples (2 ou 3 mots) qui sont elles-mêmes classifiées : cela signifie qu’elles sont secrètes et ne peuvent pas être divulguées à des personnes non habilitées.

 "S’ils frappent Oussama Kandar après que celui-ci ait quitté Kaboul, alors ils ne sauront pas où est le CD."

 Exact, mais le Général explique le pourquoi de sa décision. Mieux vaut qu’il reste caché où il est, que risquer qu’il tombe entre des mains talibanes. Cela peut sembler une décision peu logique, mais vu le terrain, ce serait exactement le type de débat qui agiterait des responsables opérationnels. Sur un terrain hostile et montagneux comme l’Afgha, où on ne contrôle rien, le risque de perte du CD est immense, et les conséquences s’il tombait aux mains des talibans seraient cataclysmiques. Il serait donc raisonnable, quoique risqué, de le laisser là où il est.

 "P268 : Oussama se sent honteuse (du fait que sa fille divorce)?"

 Oui, grosse erreur, ce devrait être honteux et l’erreur a passé la correction dans la version finale. C’est la honte !

 "P269 : C’est notre nuit, lui dit sa femme puis elle s’endort. "

 Ils sont mariés depuis 30 ans…

 "P.276 : Les Français ont certes un porte-avions dans le Golfe Persique, au même titre que les Américains et quelques autres, mais c’est assez loin pour une opération éclair dans les montagnes du nord-est de l’Afghanistan ".

 C’est loin, mais à distance de vol pour des avions qui peuvent être ravitaillés en vol, ce qui est le cas des nôtres. Par ailleurs, les grandes oreilles du CDG et les avions radars français embarqués sur le CDG écoutent ce qui passe là-bas. 

"p.286 : Oussama n’avait pas parlé auparavant du dossier Mandrake au capitaine Kukur. P.309 : l’auteur vend la mèche et annonce ce qui va se passer dans la dernière partie du roman. Le suspense est foutu."

 Pas sympa, ça…

 "p.310 : un agent spécial et spécialiste des sports extrêmes qui ne sait pas contrôler son cœur ?"

 Normal, dans une situation pareille. Ce n’est pas un surhomme.

 "p311 : les caméras de surveillance qui truffent l’Entité n’ont pas capté de pistolet dans sa serviette ?"

 A ma connaissance, il n’existe pas de dispositif capable de le faire, en dehors des rayons X qui ne sont pas utilisés par les services. On utilise parfois des détecteurs infra-rouge pour visualiser des silhouettes de personnes hostiles à distance, y compris à travers des murs, mais on ne peut pas détecter d’armes.

 "P 319 : Les cavaliers se détachent de quoi ? S’ils viennent au galop (mettons 45km/h) alors en vingt minutes ils parcourent 15 kilomètres. Pour les voir à cette distance, il faut des bons yeux, avec la courbure de la Terre. "

 Dans mon esprit, ils sont au pas, car en montagne, il serait trop difficile de galoper et ils ne pourraient pas le faire assez longtemps.

 "P335 : Nick en travesti est formidable mais il devrait porter une grille de tissu pour cacher ses yeux bleus non maquillés."

 C’est le cas, les Burka afghanes ont toujours une grille.

 "P340 : recouvert d’une burka en pleine rue afghane obscure, il est dangereux voire impossible de s’emporter comme le fait Nick. Par ailleurs, l’encombrant vêtement devrait empêcher toute la discussion entre lui et Oussama. "

 On peut se parler au travers de la grille, ça étouffe la voix mais elle porte quand même.

 "p 349 : Ce genre d’hôtel possède une climatisation très performante, mais qui empêche d’entendre les chants d’oiseaux du dehors."

 Nein, on les entend, promis.  

"P350 : C’est donc Abdul Dost qui a prêté sa voiture mais ce n’a pas été précisé auparavant. "

 Exact. Je pensais que c’était compréhensible comme cela. Vous pensez vraiment qu’il faut préciser ?

 "P352 : [inversion, il faut écrire :] Sa fausse identité découverte, pour prendre l’avion, il avait besoin d’un nouveau passeport… "

 Exact. A modifier.

 "p355 : que sont les « French Doctors » ? p360 : la capacité d’endurcissement se mesure au fait de supporter l’odeur de dix hommes crados ?"

 ça et le reste. Je me réfère au fait qu’il endure le voyage, le froid, le risque et tout le reste sans se plaindre.

 "p364 : Personne à Kaboul ne se bat pour abolir les coutumes (machistes) : et le RAWA, alors ?"

 Ce sont des femmes. Pour les officiels afghans, elles comptent pour rien, malheureusement.

 "p 382 : le plan de corruption à grande échelle de Mandrake déçoit un peu : on n’apprend rien de nouveau ni de croustillant qui n’ait déjà été éventé par les médias."

 Franchement, là, je vous trouve dur. Est-ce que vous avez déjà lu quelque part des écrits sur les détournements par destruction de fausses usines/installations ? Si c’est le cas, je serai intéressé de voir les sources car pour ma part, je ne l’ai jamais lu. Or c’est une méthode redoutablement efficace. Autre précision: les rapports du Congrès sur les divisions militaires fantômes irakiennes et afghanes. A ma connaissance, le lien entre ces unités factices et l’argent détourné pour les mettre sur pied & les entretenir n’a jamais été évoqué dans aucun média.

 "P391 : les archives de la Willard Consulting ont été détruites ? C’est invraisemblable mais surtout l’auteur se coupe d’une possible suite"

 Il existe des gens très efficaces pour ce type de chose...

 Merci encore pour cette lecture ultra précise. Vous avez pris beaucoup de votre temps pour lire mon roman de manière particulièrement affutée. Je l’avoue, les critiques sont parfois difficiles à recevoir, elles ne font pas plaisir…mais il faut accepter la vérité des faits et je progresse grâce à elles. Vous êtes un lecteur redoutable qui ne laisse rien passer.

Donc encore une fois, un seul mot : Merci !

Cédric Bannel

 

Fred Romano répond:

 

Cher Mr Bannel, tout d'abord vous dire que je suis très flattée que vous ayez pris le temps de me répondre aussi longuement. Parler d'Averroes, ce n'est pas pédant, c'est juste être cultivé. J'ignorais le détail d'Averroes sur la dichotomie porcine (mes sources algériennes ne le citent pas). Je suppose que vous savez que ce grand médecin et philosophe était d'obédience sunnite. Pour moi, les sunnites sont les musulmans du Livre intégral, qui contient les rêves de Mahomet ainsi que certaines allusions à la magie, une forme de sensibilité qui a disparu de la version chiite, et qui explique d'une certaine manière la splendeur du califat de Cordoue tout comme la violence des grandes manifestations de ceux qui ont refusé de suivre la veuve de Mahomet, lui préférant un homme, son beau-fils. J'ai cherché sur Internet (je cherche deux fois plutôt qu'une) à propos de l'obédience des talibans et il m'a été impossible de tirer les choses au clair, bien que beaucoup de sites les identifient comme chiites. Mes sources sont multiples et surtout en plusieurs langues (en-fr-es), ce qui permet de faire des recoupements. Je sais très bien chercher sur Internet, je regarde CNN international, mais aussi les informations de la Suisse romande (qui suintent toujours des choses avec toutes ces organisations mondiales installées à Genève). La télé espagnole est aussi intéressante, surtout après que nous ayons remercié celui qui nous avait entraînés dans la guerre d'Irak. Enfin, les documentaires d'Arte sont particulièrement pointus. Lorsque Colin Powell a démissionné, beaucoup de caca irakien est sorti, avec des arnaques gigantesques comme celles que vous décrivez. Certes les journalistes ne s'osaient pas à tirer les conclusions. Pour finir, je n'ai pas pris beaucoup de mon temps, entre lecture et écriture seulement cinq jours, mais vous vous imaginez que je l'ai fait avec plaisir. Avec ce concours, vous avez ouvert une porte, si étroite soit-elle, c'est une porte. Là-dessus, vous êtes beau joueur, une qualité rare, à laquelle je rends hommage.

Fred Romano

Posté par FredRomano à 17:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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